Marie avec les Charismatiques ?

2 mai 2018

Le mois de mai est le mois de Marie, et il a commencé pour moi par une rencontre entre des chrétiens de diverses confessions et des cathos dans une superbe rencontre de louange, de prédication et de prière charismatique, où le Seigneur manifeste par de nombreux miracles la vérité de l’Évangile. Nos frères et sœurs évangéliques font souvent davantage que « dévisser les ampoules ». Ils louent le Seigneur en exerçant des charismes donnés par Dieu, véritables manifestations du Saint-Esprit. Ces rencontres peuvent être, pour nous les catholiques, un formidable moment d’action de grâce, de vie fraternelle et de renouveau dans notre vie quotidienne.

Alors que, souvent, nous ne vivons pas sensiblement notre foi, cherchant parfois à fuir le « ressenti » spirituel comme s’il était louche ou dangereux, ces manifestations nous interpellent.
Deux possibilités s’offrent alors à nous :
- nous ouvrir à l’expression nouvelle de l’Esprit Saint et la faire jaillir dans notre pratique et notre vie habituelle,
- ou bien trouver que notre vie catholique habituelle est morne et prendre du recul pour vivre des grâces charismatiques qui abondent là où, en principe, on ne croit pas en la Vierge Marie, au sacerdoce, à l’Eucharistie, à la Communion des saints etc..

Je remarque que certains catholiques charismatiques qui puisent la force du Saint-Esprit dans d’autres Églises décrochent parfois de leur propre Eglise catholique, rougissant de ce qui s’y vit ou plûtot ne s’y vit pas. Ce « décrochage » consistant souvent à prendre un recul net avec la Vierge Marie, les sacrements etc .. tout en restant catholiques, mais devenant imperceptiblement puis visiblement entre deux eaux ou deux chaises, entre deux Eglises, là où ils se sentent bien.

Cela induit des murmures, de temps en temps des justifications fausses de mise au placard de la fidélité au sacerdoce, la peur de la « mariolatrie », une vision d’un absolutisme clérical quand un prêtre pasteur prend la parole aprfois avec autorité etc.. Tou ceci peut être encouragé par des théologies souvent purement bibliques faisant fi de notre magistère (2000 ans de Sagesse !), ou par des théologiens que l’on aime particulièrement , souvent plus que La Théologie de l’Eglise Catholique, dirigée malgré nous (hereusement) par le Saint-Esprit.

Alors pour quelle raison Marie serait-elle une clé, alors qu’elle est devenue pomme de discorde ?
Parce que la vie spirituelle est une expérience à vivre, et non un savoir à connaître.
Forts d’expériences déterminantes de renaissance dans le Saint-Esprit (ce que j’ai eu la grâce de vivre), nous pouvons dire que la vie spirituelle dans la foi implique également une expérience sensible souvent temporaire, mais fondatrice. Jésus touchait, imposait les mains, apparaissait, faisait des miracles etc.., comme le firent ses apôtres et ses disciples à sa suite.
Les cathos que nous sommes ont parfois choisi de se passer de toute « sensiblerie », de toute expérience de nos sens dans la vie spirituelle, comme si cela ne s’adressait qu’aux faibles en attente d’affection ou aux saints en lévitation.

L’expérience Mariale consiste d’abord dans un acte de foi et donc de volonté profonde : Il nous faut placer Marie au cœur de notre vie. La prier, tout lui confier, lui demander conseil, et l’implorer de nous ouvrir le cœur, les oreilles etc Recevoir Marie comme Jésus, en tant que Maman et Mère de l’Eglise etc.. Et se laisser faire simplement dans une foi d’enfant. Chacun découvrira rapidement l’expérience mariale de paix, de bonheur, de protection..
Les anciens, qui depuis 2000 ans ont cheminé dans la voie de la relation avec Marie ne sont pas de pauvres gens ayant renoncé à Jésus Seul et Unique sauveur !
Au contraire, ils ont expérimenté que par Marie, Jésus se donne bien davantage !

Marie et les charismes ? Marie est dispensatrice des dons, car Jésus aime passer par sa mère pour manifester le Royaume. Ainsi, l’expérience des charismatiques (ceux qui exercent des charismes) est de mettre Marie au cœur de leur ministère de prédication, d’exhortation, parfois de combat contre l’ennemi etc..

Un jour, alors que des frères protestants priaient avec force voix et gestes impératifs pour la délivrance d’une personne visiblement attaquée par le démon, j’observais avec un frère de communauté la situation et trouvais la prière longue, violente et douloureuse pour la personne.
Alors que nous étions dans une assemblée interconfessionnelle où l’on évite de proclamer ce qui nous différencie pour mieux nous unir dans le Saint-Esprit, nous prîmes la résolution de prier Marie en silence et d’ achever la prière de délivrance. Nous approchant de la personne infestée, entourés d’observateurs, nous lui avons imposé les mains en priant Marie silencieusement de délivrer cette personne  ; La puissance silencieuse de Marie agit et la personne fut instantanément délivrée. A ces frères et sœurs étonnés par un tel charisme, je ne pouvais dire trop fort notre secret : A Jésus par Marie.

Ainsi, en remettant tout ministère à la protection de Marie, nous sommes dans l’obéissance au cœur de Jésus . On accueille alors plus facilement la parole de l’Eglise, en se prémunissant contre l’ennemi, et l’on se charge d’un « passe-partout céleste » devant lequel le Christ Jésus aime se prosterner.
Marie, dispensatrice des dons, est enfin celle qu’il nous faut invoquer pour être remplis des dons du Saint-Esprit et des charismes extraordinaires dont l’Église a besoin pour manifester l’Évangile !

Par Marie, Jésus se donne et le Saint-Esprit nous étreint.
CQFD


Père Baudouin Ardillier